Embers

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Light, love, never close and yet so present. A fire in my hearth, in my heart, a reflection shifting from reddish to crimson, rarely green and blue, when wet. How so ? A fire, wet ? By your tears, I reckon, burning like these present embers belonging to the dark and fierce past. Would it actually be my tears that give to the fire, so ardently crushed, the shades I see? Would it be my heart that shines of green, staring at my relations, these mayflies : gone so soon to enjoy any moment – for it is the last one already. I would love a wildfire, dazzling and bursting in a million shreds, touching every single part of my body, of my mind. The light, whole, finally coming to me. How much I would love to be touched, like one would touch a precious jewel, with the delicacy of a craftsman and the innocence of an infant. With such smoothness that silk would perish from jealousy, with a wisdom that would provoke the envy of a philosopher. To live as fast as light goes, in a roller-coaster and to stop time, hanging on to lips, give what I have to admit, forget what needs to continue, immerge myself into a chaos of endless mayflies. I would offer my soul to the Devil for this frozen time, lit by a fiery light. Future would’t have relevance anymore, the past would have no room to live, the present, confined in a shining soap bubble. A snap of the finger and reality would only mean your eyes and smile, a clap of the hands and the world would be at your feet. My world, so imagined, so distant, filled with magic and myths. Nymphs would step out of the darkness, from behind the trees, gracious and aethereal, Ariane would stretch her red string to my hand and I would hang on to it until the end of times. The muse would sing me lullabies, sparkled with crimson letters, and in this instant reality, I would be whole, I would be myself, I would be happy and filled with Love. But the fire keeps silent, dries up like the water of my hours. I lost the string, seeing no more leaves, and the darkness is getting so overwhelming that the world no longer exists. My shining bubble disappears for it has never existed in the first place. The past keeps on going, the future is menacing, and your empty eyes are ignoring me. Though, am I not beautiful? Dressed with my delusions and my dream? I will leave crumbles of me, on the way, leading to a fire neither red, neither blue, neither green, neither anything. A fire dying from the absence of a spark’s stroke.

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Lumière, mon amour, jamais proche et pourtant si présente. Un feu dans mon foyer, dans mon cœur, un reflet ondoyant du mordoré au rouge sang, rarement vert et bleu, quand mouillé. Comment cela? Un feu, mouillé? Par vos larmes, je le crois, se consumant comme ces braises présentes et pourtant appartenant au sombre et perçant passé.
Serait-ce mes larmes en réalité qui teintent ce feu ardemment foulé?
Serait-ce mon cœur qui brille de verdâtre, scrutant mes relations, ces éphémères : trop rapidement disparues pour profiter d’un seul instant – car il est déjà le dernier. J’aimerais un feu grégeois, éblouissant et explosant en million de lambeaux, touchant chaque partie de mon corps, de mon esprit. La lumière, entière, me parvenant enfin. Comme je souhaiterais être touchée, comme l’on toucherait une pierre précieuse, avec la délicatesse d’un artisan et l’innocence d’un enfant. D’une douceur qui ferait l’envie de la soie, d’une sagesse qui rendrait jaloux un philosophe. Vivre à pleine vitesse dans une montagne-russe et m’arrêter le temps suspendu à des lèvres, donner ce que je dois avouer, oublier ce qui doit continuer, m’immerger dans une turbulence d’éphémères éternels. J’offrirais mon âme au Diable pour ce temps figé, baigné d’une lumière incandescente. L’ultérieur n’important plus, le passé n’ayant jamais eu de place, le présent, figé dans une bulle de savon iridescente. Un claquement de doigt et la réalité serait tes regards et ton sourire, un applaudissement et le monde serait à tes pieds. Mon monde, si imaginé, si lointain, empli de magie et de féerie. Les nymphes sortiraient de derrière leurs arbres, gracieuses et éthérées, et Ariane me tendrait son fil rouge, que j’attraperais, m’y agrippant au péril de ma vie, la muse me chanterait des louanges parsemée de lettres écarlates, et dans cette réalité instantanée, je serais entière, je serais moi-même, je serais heureuse et emplie d’Amour.
Mais le feu se tait, il se tarit, comme l’eau de mes heures. J’ai perdu le fil, ne voyant plus les feuilles, et l’obscurité se fait si présente dorénavant que le monde n’existe plus. Ma bulle iridescente se perce de ne jamais avoir existé, et le passé reprend son cours, le futur se fait menaçant, et tes yeux sans fond m’ignorent. Ne suis-je pourtant pas belle ? Drapée dans mes illusions et  dans mon rêve ? Je laisserai des miettes de moi, sur le chemin, menant jusqu’au feu ni rouge, ni bleu, ni vert, ni rien. Un feu mourant d’être caressé par une étincelle.

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2 commentaires sur « Embers »

  1. Une poésie douce et amer. On sent bien la flamme entre nos doigts. Elle s’attise mais ne brule pas. Elle caresse. Bien que ce « feu mourant d’être caressé par une étincelle », on a envi de le raviver, de le nourrir quitte à y laisser les doigts.

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